Son workflow photogrammétrie qui tient sur un laptop de 2019

`

Janvier 2025. Un ami qui bosse sur un projet indépendant ambitieux m'a montré ses scans de forêt. La qualité était troublante, presque au niveau de ce qu'on voit dans les productions à gros budget. Son secret ? Il shoot tout avec un smartphone et traite sur un laptop gaming vieux de cinq ans.

Son approche casse tous les dogmes de la photogrammétrie classique. Il ne cherche pas la perfection du scan, il cherche l'information utilisable. Pour une souche d'arbre, il prend 60 photos au lieu de 150. Il sous-expose légèrement pour garder les détails dans les hautes lumières, quitte à rattraper en post.

Le traitement se fait en trois passes dans Reality Capture. La première avec les paramètres par défaut pour voir ce qui fonctionne. La deuxième en excluant les zones problématiques, généralement 20 à 30% des photos. La troisième uniquement si les deux premières ont échoué, avec un masquage manuel.

Il limite volontairement la résolution finale à 50k polygones pour le high poly. Pas parce qu'il ne peut pas aller plus haut, mais parce que la retopologie devient ingérable au-delà. Il a calculé qu'il perd moins de temps à rescanner un asset raté qu'à nettoyer un mesh de 200k polygones pendant des heures.

Pour les textures, il exporte en 4K mais travaille réellement en 2K. Il garde le 4K comme backup si un détail spécifique doit ressortir plus tard. Les normal maps sont générées deux fois : une version standard et une version amplifiée à 150% pour les assets qui seront vus de loin.

Ce qui rend son pipeline viable, c'est la bibliothèque. Chaque scan réussi est tagué avec les conditions météo, l'heure, le type d'appareil. Quand il a besoin d'une roche moussue, il ne rescanne pas, il fouille ses 400 assets existants. La moitié de son environnement actuel utilise des scans de 2023.

`